2003

1er de l'an avec JC et son copain. Nous passons le réveillon chez des amis à eux, près de Bourgoin-Jallieu.

Quelques flocons de neige tombent sur Paris. Toute l'agglomération est paralysée.

En avril, week-end de Pâques en Auvergne avec Pierre, Philippe et Dominch.
Le printemps éclate, tout en nuances de verts et de bleus.

Sur le plan des rencontres et des sentiments, je mène une vie aussi riche en tentatives que maigre en résultats. Ne pouvant que constater mes échecs, j'élargis mon spectre de recherche, et je me mets à correspondre avec plusieurs étrangers – des Australiens, des Américains... – en espérant que le fruit mûr finira par tomber de son arbre. Je mets la main sur un Norvégien, épris de culture française, qui dragouille sur Citégay. J'apprends que, parallèlement à son activité de steward sur SAS, ce grand gaillard d'une trentaine d'années, prénommé Christian, termine un mémoire de linguistique comparée (un truc sur les formules de politesse), autant dire qu'il s'agit de quelqu'un d'assez rationnel et conservateur. Mais je ne me laisse pas effrayer pour si peu. Réunissant d'anciennes connaissances de la langue de Grieg, je lui écris en norvégien, tandis qu'il me répond dans la langue de Descartes, c'est touchant.
On se propose d'échanger un jour nos appartements. A l'occasion d'une escale qu'il fait à Paris, j'insiste pour lui faire visiter mon studio de la rue du Temple, pour lequel il ne montre ensuite plus aucun signe d'intérêt. Comment ai-je pu croire un instant que mon studio miteux intéresserait un Scandinave ?
De mon côté, je ne lâche pas l'affaire pour autant, tant et si bien qu'à la mi-mai, devinez qui débarque à Oslo ?
Très obligeant, Christian me laisse les clefs de son appartement du centre ville, un deux-pièces décoré dans le style minéral et minimaliste que l'on imagine, tandis qu'il part dormir chez une copine. C'est très sympa de sa part, et ça tombe plutôt bien, parce que j'avoue que l'appartement m'intéresse plus que son propriétaire... J'y débarque avec Pierre et Philippe, qui ont flairé le bon plan. Mon vieux rêve de visiter la Norvège se réalise enfin. Je nous ai préparé une petite excursion à Bergen de derrière les fagots, avec virée dans un fjord, et retour par une ligne de chemin de fer touristique, aux panoramas spectaculaires. Une vraie petite agence de voyage, vous dis-je.
Quant au Norvégien en question, je le perds de vue peu après cet épisode.

Avec les mêmes comparses, je passe une semaine en Sicile au mois de juillet. Nous avons loué une maison dans le sud de l'île, près d'Agrigente. Ce n'est pas l'endroit de rêve que l'on pourrait s'imaginer, ce n'est qu'une bicoque au centre d'un village agricole endormi, dans les terres, avec une épicerie où trois morceaux de fromage se battent en duel, et où la jeunesse désœuvrée fait des rodéos à scooter sur la place le dimanche. Après quelques jours passés à sillonner en voiture les environs, nous poussons jusqu'à Syracuse, où nous passons une nuit. Syracuse est une belle ville, je me baigne au pied de ses remparts, dans une eau turquoise délicieuse.
Il fera particulièrement chaud durant ce voyage, et la nuit mes rêves sont pesants, sans doute influencés par la lecture du Rivage des Syrtes que je fais alors. Dans la journée, à l'arrière de la voiture, je ne distingue plus le rêve de la réalité, devant le spectacle d'accidents de la circulation tragiques (ils conduisent comme des fous là-bas), et de champs en feu (ne me demandez pas pourquoi).

Trop sérieux, dans mon capharnaüm...
En septembre, je m'inscris aux cours du soir du CNAM (le Conservatoire National des Arts et Métiers), avec la vague intention de décrocher à terme un diplôme un peu plus "valorisant" que ma collection de DEUG accumulés en mathématiques, en musique et en informatique depuis l'obtention de mon bac onze ans plus tôt. Les premiers mois sont difficiles : j'ai cours de 18h30 à 20h30 du lundi au vendredi, et même le samedi matin. Tout en continuant mes activités de développeur à Préférences bien sûr. Mais je suis motivé, il y va de mon avenir.

dans la cuisine
Et pour compléter le panorama glorieux de cette époque, voici le récit de quelques anecdotes qui me sont arrivées, toutes aussi vraies que dénuées d'intérêt :