Une vie parisienne (2010-2017)

Nouveau départ
Fin 2009, je retrouve un poste d'ingénieur de développement dans une grosse agence web en plein Paris. Le cadre humain et professionnel est loin d'être aussi épanouissant que dans ma mission précédente, mais techniquement, je suis satisfait, et j'apprends de nouvelles choses qui m'intéressent.
Malheureusement on me place aussi sous la tutelle d'un petit adjudant notoirement acariâtre, dominateur et brouillon, fort peu diplomate, avec lequel mes rapports s'enveniment assez rapidement.

Mes idées deviennent alors très noires. Le soulagement que j'avais éprouvé juste après mon embauche s'est estompé. C'est un sentiment de vide et de frustration qui m'accompagne maintenant au quotidien, par ailleurs plutôt solitaire et pauvre en satisfactions.
Le moindre pépin domestique prend des proportions ridicules, et l'idée de partir à l'étranger refait surface dans le cours de mes pensées. Je m'imagine vivre en Allemagne, puis au Canada...

Un an et demi plus tard, au début de l'été 2011, exaspéré, miné, épuisé par la relation impossible que j'ai avec mon responsable hiérarchique, j'insiste pour quitter la société.

L'impact de ce départ sur mon moral est instantané. Soulagé, pacifié, indulgent, presque optimiste, je parviens même à surmonter de profondes déceptions amicales que je ressassais bêtement depuis un certain temps déjà.

Mais le malaise croissant que j'éprouve à étaler sur Internet, à la fois le contenu de ma vie privée, et la pauvreté même de cette vie – que ce soit sur un plan affectif, relationnel ou intellectuel –, conjugué à la prise de conscience que le ton désabusé de certains de mes écrits en ligne avait pu parvenir aux oreilles de personnes de mon entourage, restées jusque là indifférentes à cet exercice pseudo-littéraire, au point de les indisposer passablement, et sans qu'elles ne me fassent ensuite écho de leur gêne, m'amène cependant à me censurer de plus en plus, à me contenter d'allusions, et à passer sous silence des épisodes que j'aurais sans cela racontés, de sorte qu'il n'est plus très approprié de parler aujourd'hui de « journal » pour qualifier les quelques billets pédants que je trouve l'inspiration d'écrire de temps en temps. Déjà fort incomplet (puisqu'il est le confident régulier de mes humeurs chagrines, bien moins souvent le rapporteur fidèle de mes moments de joie, de sociabilité ou de distraction), ce blog devient artificiel et trompeur, et me conduit régulièrement à envisager son abandon.

Et malgré les omissions, je continue :