1977

J'avoue, j'ai tendance à sucer mon pouce.
Enfin, mon index.

Car mon index est bien meilleur que mon pouce.
Surtout s'il est accompagné de ma grenouille (je trimbale une grenouille verte en tissu partout avec moi).

A deux ans et demi, je suis encore trop jeune pour entrer à l'école publique du quartier. C'est donc l'école privée Saint-André qui m'accueille chaque matin. L'institutrice de maternelle, Melle Poirel (que je prononce paraît-il « Mazel Poirel »), nous fait chanter en nous accompagnant à la guitare.
L'après-midi, il n'y a pas classe, et je fais la sieste à la maison, ou bien je vais à la garderie.

La différence entre cette école et une garderie, finalement, c'est surtout la présence de grands enfants dans la cour.

J'aime chanter les chansons apprises à l'école dans le jardin ensuite.

Mais le grand bouleversement du quotidien, ça reste quand même l'arrivée, l'année dernière, de ma sœur Sarah.

Je me sens quatre fois plus grand depuis qu'elle est là.

A elle la prison des poussettes et des lit-berceaux maintenant !
Moi je suis libre !

Elle est donnée en spectacle un peu partout, comme ici chez notre grand-père paternel, à Roumare.