Une vie parisienne (2006-2009)

En février 2006, je suis recruté par une petite entreprise du secteur de la recherche clinique. Ravi de retrouver une activité à temps plein, dans un secteur tout nouveau pour moi et a priori moins frivole que la création de sites internet, je dois déchanter assez vite. Mes managers s'avèrent si caractériels et infantiles (deux d'entre eux ne s'entendent pas très bien, et me disputent comme une poupée) que je claque la porte au bout de six mois.

En novembre 2006, je déménage de la rue du Temple pour venir m'installer dans le petit appartement bellevillois de Nico et Guigui, qui viennent d'acheter un 80 m2 aux Lilas.

Je refais quelques prestations web en indépendant.

Sur le plan personnel, je cesse progressivement de sortir le soir, à part pour voir quelques amis de temps en temps. Mon désir pour les autres semble s'émousser, et mon image de moi se dégrade encore.

mon chat Niko-Niko
Niko-Niko, que j'adopte durant l'été 2007

En juin 2007, je retrouve enfin un poste intéressant, comprenant assez de responsabilités et d'envergure technique pour que je puisse en pondre un mémoire (c'est en effet l'ultime étape de mon cursus d'ingénieur au CNAM). Le cadre de travail est plutôt agréable (un centre hospitalier dans le cinquième arrondissement), et les gens plutôt sympas, en tout cas, ils me font confiance et me laissent faire mon travail correctement. Porté par ce contexte positif, je laisse tomber les antidépresseurs, que je venais de me résoudre à reprendre, ainsi que le psychiatre à demi gâteux qui me les prescrivait.
Un an plus tard, mon contrat est prolongé de 6 mois. Mais faute de trouver un terrain d'entente avec mon manager en vue de pérénniser mon poste en CDI, je viens finalement grossir le rang des chômeurs dès décembre 2008. Ma situation redevient alors un peu pénible, car non seulement la crise économique vient d'éclater, mais, comme si ce n'était pas suffisant, je me suis mis en tête de changer de technologie informatique. Or ce genre d'évolution, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est ni favorisée ni appréciée dans le secteur de l'informatique, milieu très spécialisé, où 80% des recrutements s'effectuent par l'entremise de sociétés de service, lesquelles appliquent des processus RH rigides et systématiques, peu favorables aux parcours atypiques comme le mien, tandis que le reste des embauches se fait directement par les entreprises utilisatrices finales, très vulnérables au turn-over, et donc à qui rien ne fait aussi peur que les candidats papillonneurs qui sont passés par plusieurs sociétés...

Bref, c'est un peu la traversée du désert...