2001

En février 2001, je me promène dans les rues de Paris en compagnie de Fredrik, un grand Suédois, beau et blond, fier et froid, comme une mauvaise caricature de Suédois.

Je me promène aussi avec Adrien, un petit gars tout simple, fraichement sorti du placard, qui n'aspire qu'à rencontrer son mister Right pour mener avec lui une vie de couple sans histoire.

Je me rends compte un peu tard que je préfère Adrien à Frederik.

En mai 2001, je passe un week-end chez Delphine à Marseille.
J'y vais avec Fabien, mon bon ami du moment.

Fabien fréquente le milieu gay associatif. Il aime la techno et la natation.
Mais il rejette le téléphone portable, à cause des risques que cela fait courir sur la vie privée, me dit-il (je crois qu'il n'a pas fini d'être inquiet).

Cet été 2001, je n'ai pas un sou en poche, et je ne pars donc pas en vacances. Fin juillet, je suis même à découvert sur mon compte en banque (on saura tout). Eh oui, malgré mon boulot d'informaticien ! Je ne suis encore en effet qu'en début de carrière, et surtout je termine de rembourser le petit prêt que j'ai contracté l'année précédente pour payer mes frais d'installation sur Paris.

En manque de soleil et de verdure, je fais des promenades le dimanche dans les parcs parisiens.

Cet été 2001, un jeune type, rencontré sur le net, me propose de développer au noir un site web pour le compte d'organisateurs de soirées branchées (le truc doit s'appeler « VIP Club », tout un programme). Je lui fais donc son site (pour lequel je ne serai, au passage, qu'à moitié payé) (puisque je vous dévoile tous mes problèmes d'argent), et puis j'essaye ensuite de le draguer. Maladroitement, comme d'habitude. D'autant que le type n'est pas du tout intéressé : il est muré dans le souvenir de son ex, avec qui il a vécu plusieurs années à Londres. Ils s'appellent tous les soirs au téléphone, me dit-il.

Cet été 2001, Nico s'en va faire un stage à Arles dans une maison d'édition. Il y rencontre un certain Guillaume, dont il s'entiche. A l'automne, à l'occasion d'un passage à Paris, il me le présente. Quelques mois plus tard, ils s'installent tous les deux dans un petit appartement de Belleville.

Début septembre 2001, mon agence web m'envoie deux semaines à Brest en mission chez un gros cabinet d'assurance.
J'y arrive en avion, avec veste et cravate, comme un homme d'affaire. Je dors dans un Hôtel Ibis, à la périphérie de la ville, entre une bretelle d'autoroute et un centre commercial. C'est assez déprimant.

Quelques jours plus tard, les attentats terroristes du 11 septembre horrifient le monde.